1 900 robots livreurs et zéro chauffeur : J&T Express met la logistique sous pilote automatique

J&T Express, l'un des plus gros transporteurs d'Asie, exploite désormais plus de 1 900 véhicules de livraison autonomes et 435 systèmes de tri automatisés dans ses entrepôts, selon son bilan financier de mi-2026. Une hausse de 87 % de la flotte sans chauffeur en six mois, qui dit assez claireme

1 900 robots livreurs et zéro chauffeur : J&T Express met la logistique sous pilote automatique

1 900 robots livreurs et zéro chauffeur : J&T Express met la logistique sous pilote automatique

J&T Express, l'un des plus gros transporteurs d'Asie, exploite désormais plus de 1 900 véhicules de livraison autonomes et 435 systèmes de tri automatisés dans ses entrepôts, selon son bilan financier de mi-2026. Une hausse de 87 % de la flotte sans chauffeur en six mois, qui dit assez clairement où va la chaîne du colis.

Il fut un temps, pas si lointain, où la livraison de colis évoquait un livreur essoufflé, un scooter chargé jusqu'à la garde et un digicode récalcitrant. Chez J&T Express, ce tableau appartient déjà un peu au passé. Le groupe, né en Indonésie et devenu l'un des poids lourds mondiaux de l'express, vient de publier ses chiffres pour le premier semestre 2026, et le message est limpide : la robotisation n'est plus un pilote R&D, c'est une ligne comptable qui grossit vite.

Pourquoi 1 900 véhicules autonomes, ça change vraiment la donne ?

Le chiffre fait déjà tourner les têtes : +87 % en six mois. Autrement dit, la flotte de véhicules de livraison sans conducteur de J&T a quasiment doublé entre fin 2025 et l'été 2026. On ne parle pas ici de prototypes tournant en boucle sur un campus fermé, mais bien de véhicules déployés en conditions réelles pour du dernier kilomètre ou de la navette inter-hubs, principalement en Chine où l'écosystème réglementaire est nettement plus permissif qu'en Europe.

Pour se donner un ordre d'idée, voici ce que dit le bilan :

  • 1 900+ véhicules de livraison autonomes en service (mi-2026)
  • +87 % de croissance de la flotte en six mois
  • 435 systèmes de tri automatisés en entrepôt
  • 22 nouveaux systèmes de tri installés début 2026

Ce qui frappe, ce n'est pas tellement le chiffre brut, c'est la vitesse. Doubler une flotte robotisée en six mois signifie que la partie industrielle suit : constructeurs partenaires, maintenance, télé-opération, logiciels de supervision. Bref, tout un back-office humain qui, ironie du sort, grandit en même temps que disparaissent les postes de conducteurs. La livraison "sans humain" reste, comme souvent, une livraison avec des humains ailleurs.

Et dans les entrepôts, à quoi ressemble le grand ménage ?

Côté tri, J&T revendique désormais 435 systèmes automatisés, dont 22 déployés lors des premiers mois de 2026. Concrètement, ce sont ces immenses tapis équipés de bras, de scanners et de trappes qui envoient chaque colis vers la bonne destination à des cadences que même un opérateur en pleine forme ne peut pas soutenir plus de dix minutes. Le tri manuel, historiquement le poste le plus pénible et le plus accidentogène du secteur, devient progressivement une variable d'ajustement plutôt que la colonne vertébrale du dispositif.

L'intérêt pour J&T est double. D'abord la vitesse : un colis qui n'attend pas est un colis qui ne coûte pas de stockage. Ensuite la traçabilité : chaque paquet passe par des capteurs qui enregistrent son poids, ses dimensions, sa destination. En cas de litige, la boucle de contrôle est nettement plus courte qu'avec une équipe de nuit fatiguée. On peut le regretter, on peut s'en réjouir : c'est en tout cas la direction que prend l'ensemble du secteur, d'Amazon à SF Express en passant par Alibaba.

Une bascule pas si silencieuse

Ce qui rend le cas J&T intéressant, c'est qu'il ne s'agit pas d'une entreprise tech qui essaie de vendre du rêve à des investisseurs. C'est un transporteur classique qui, poste par poste, remplace ce qui peut l'être. Le tri d'abord, la livraison ensuite, et sans doute demain la gestion des retours et le service client. Chaque maillon automatisé pousse le suivant à l'être aussi, sous peine de créer un goulot d'étranglement humain au milieu d'une chaîne robotisée.

Faut-il s'en inquiéter ? La question mérite mieux qu'un « oui » ou un « non ». L'automatisation logistique règle des problèmes réels — accidents, pénibilité, coûts — et en crée d'autres tout aussi réels : requalification des salariés, dépendance technologique, responsabilité juridique en cas de pépin. Un colis livré par un robot qui percute un piéton, ce n'est plus un fait divers, c'est un dossier. Et il faudra bien que quelqu'un le tienne, ce dossier. Probablement un humain.

En attendant, la trajectoire de J&T donne une idée assez précise de ce à quoi ressemblera la logistique mondiale dans cinq ans. Spoiler : il y aura toujours des humains, mais pas forcément là où on les cherche aujourd'hui.

Et toi, tu ouvrirais ta porte à un robot livreur sans hésiter, ou tu préfères encore le petit mot du transporteur glissé sous le paillasson ?


Source : https://roboticsandautomationnews.com/2026/08/24/jt-express-adds-22-automated-sorting-systems-as-unmanned-delivery-fleet-tops-1900/104432/

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